Nuisances acoustiques

Le bruit émis par les éoliennes en fonctionnement est à la fois de nature mécanique et aérodynamique. Il provient des pièces en rotation au niveau de la nacelle et du brassage du vent par les pales mises en mouvement.

De nombreux progrès techniques ont permis de considérablement limiter les bruits mécaniques: suppression des boîtes de vitesse dans les éoliennes synchrones ou engrenages plus silencieux, arbres de transmission sur coussinets amortisseurs ou encore nacelles capitonnées dans les éoliennes asynchrones. Ces bruits ne sont actuellement plus significatifs.

D’autre part, les bruits liés aux turbulences dans l’air sont aussi limités par une forme plus aérodynamique des pales.

Quel que soit le niveau de bruit que les éoliennes émettent, celui-ci décroît très vite avec la distance. Selon la saison, les conditions météorologiques et la localisation, le bruit est plus ou moins perceptible et est parfois couvert par le bruit du vent ou d’une route, suivant les circonstances.

En Wallonie, la réglementation impose pour chaque projet éolien la réalisation d’une étude acoustique par un bureau d’étude ou un organisme agréé par la Région wallonne, qualifié pour les mesures de bruit. La Wallonie voulant preserver un cadre de vie confortable utilise la norme de référence des acousticiens, soit la norme européenne IEC 61400-11. L’étude de bruit prend notamment en compte la topographie locale et les conditions météorologiques les plus défavorables (vents dominants soufflant vers toutes les habitations proches, type d’éolienne le plus bruyant).

Le parc éolien ne sera autorisé que si l’étude met en évidence qu’il respectera les normes acoustiques en vigueur.

Les connaissances scientifiques internationales les plus récentes montrent que les intensités sonores enregistrées au niveau des habitations installées à proximité des parcs éoliens ne génèrent pas de conséquences sanitaires sur le système acoustique de l’homme. Autrement dit, un niveau de bruit de 45 dB(A) n’entraîne pas de conséquences physiologiques : l’exposition à laquelle est soumise la population riveraine de parcs est nettement en-dessous du seuil toléré qui est de 70 à 80 dB(A) pour des expositions répétées et de longue durée (Ellenbogen et al., 2012, Herbrandson et Messing, 2011, Knopper et Ollson, 2011 et NHMRC, 2014).
 
De plus, si on considère 45 dB(A) à l’extérieur, ainsi qu’une isolation de 21 dB (norme OMS confirmée par l’expérience des aéroports wallons) pour l’habitation, on obtient un niveau de bruit de 24 dBA dans les chambres à coucher, ce qui est bien inférieur aux 30 dBA recommandés par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

Le développement des éoliennes a entraîné une nouvelle source de bruit dans l’environnement proche. Si le bruit est en grande partie objectivable par une série de mesures (intensité, fréquence, constance), son ressenti et sa perception par les riverains reste une question fortement subjective : certains y verront des désagréments alors que d’autres pas. Lorsque le bruit émis par les éoliennes est provoqué par un problème technique ou un mauvais réglage, il est facilement identifiable, et peut généralement être atténué rapidement. Lorsque l’impact acoustique est perçu comme une gêne, il est difficile d’objectiver la nuisance.

Le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) a publié le 23 mai 2013 un avis concernant les aspects sanitaires liés à l’implantation et au fonctionnement de parcs à éoliennes dans les zones habitées. L’avis conclut qu’« il est peu probable que [les éoliennes modernes] aient d’autres effets directs sur la santé et le bien-être » à condition de respecter certaines conditions. Le CSS a formulé à cet effet 8 recommandations visant à développer l’énergie éolienne onshore d’une manière socialement acceptable et à préserver la qualité de vie, c’est-à-dire la santé et le bien-être. Il est intéressant de noter que la majeure partie de ces recommandations sont déjà d’application en Wallonie, notamment le respect des normes acoustiques de l’OMS, ainsi que des normes en matière d’ombres portées.